Fiche de lecture : Comment bifurquer? de Cédric Durand et Ramzig Keucheyan

Fiche de lecture : Comment bifurquer? de Cédric Durand et Ramzig Keucheyan

Ce livre, un peu ardu de Cédric Durand et Ramzig Keucheyan, donne des pistes pour engager nos sociétés occidentales dans la planification écologique. Nos politiques devraient s’en inspirer 😅

Le système capitaliste actuel ne s’intéresse qu’au profit et n’investira dans la transition écologique que s’il espère un retour sur investissement (le fameux ROI qu’on nous demande dans tous les projets). Or le capitalisme fabrique lui-même les besoins avec des produits aux cycles de vie de plus en plus courts qui poussent à l’augmentation de la consommation et donc de la production et conduisent à l’augmentation de l’accumulation.

Au niveau français ou européen, on nous rétorque que nous allons investir dans la croissance verte mais elle n’empêche en rien les destructions écologiques et la surexploitation des ressources. Pire, elle la maquille et la cache en allant piller les ressources du Sud Global.

Il a été maintes fois démontré que le découplage entre exploitation des ressources et effets sur l’environnement n’existe pas ; il faut décoloniser nos imaginaires : le capitalisme n’assurera pas la transition énergétique et écologique de manière suffisamment rapide.

Les entreprises ont alors développé une stratégie qui vise à pointer les responsabilités individuelles plutôt que d’encadrer leurs activités. Or, il faut en venir à une approche collective des besoins et une approche structurelle et systémique de la bifurcation. Il s’agit de satisfaire des conditions de vie décente à toutes et tous : se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner, s’éduquer, s’informer, se déplacer. Il faudrait également cesser de satisfaire les besoins artificiels (conquête spaciale, SUV, tourisme aérien…) et que ce soit vu comme un progrès.

Durand et Keucheyan invitent à investir dans une économie de décroissance autour de 3 axes:

1 - Organiser le démantèlement d’activités néfastes. Mettre au rebut, laisser en place, fermer, abandonner, désinvestir.

2 - Construire une structure productive respectueuse de l’environnement via une approche par les besoins

3 - Considérer les biens et services salariaux du point de vue de leur impact social et écologique. Avec l’Etat comme “employeur en dernier ressort” pour des emplois intensifs en main d’oeuvre et qui engendrent des effets utiles pour la collectivité (aide aux personnes, qualité de vie urbaines, environnement, éducation, culture…)

Ils appellent à revoir les institutions politiques de la planification écologique avec un mix de démocratie représentative, participative et délibérative, autour de:

  • commissions post-croissances
  • constitutions vertes anti-productivistes et anti-consuméristes
  • services publiques

Au sujet du numérique, les auteurs invitent à s’approprier le numérique au service de la planification écologique, reposant sur des systèmes d’informations robustes avec des données fiables. Contraindre le numérique à la sobriété via un arbitrage des usages prioritaires pour la planification écologique tout en engageant une décroissance matérielle.

Si vous souhaitez qu’on en discute ensemble, n’hésitez pas à me contacter

Anne Rabot
Anne Rabot

Consultante en Numérique Responsable et Green IT sur Nantes. Ecolo inquiète pour la planète. Ingénieure féministe